Tempi In Scena

La photographie en Italie

Alessandra Capodacqua, une des responsables du Studio Marangoni à Florence

Quand je regarde la photographie contemporaine italienne, je ne perçois pas un sentiment d’identité nationale, mais je découvre plutôt un sentiment d’appartenance à une identité culturelle contemporaine. Et les œuvres des artistes que nous présentons à Dudelange en sont l’expression. Les jeunes photographes ont concentré leur travail sur des concepts qui parlent de sentiments personnels, de l’intime, des relations humaines et de la représentation de soi dans un contexte contemporain. La photographie s’est libérée des rigidités de la narration temporelle et réaliste des faits divers. L’attention est plutôt concentrée sur les symboles et les métaphores.
L’observation du panorama de la jeune photographie italienne révèle aujourd’hui un intérêt commun qui s’est développé les dernières années pour l’intimité et le transitoire. C’est comme si la jeune génération d’artistes avait senti le besoin de s’exprimer davantage à travers la photographie justement pour signifier l’absence de relations entre personnes et lieux et de recréer par l’image une nouvelle réalité, voire une nouvelle vision du monde. Ce phénomène de conceptualisation des faits réels, comme des fictions, me semble typique pour les réflexions qui se font actuellement partout dans les arts visuels.

Propos recueillis par Paul di Felice ( Café-Crème ) à Florence, décembre 2000
photo: Nicola Carignani.